
Malgré la qualité d’une grande partie des productions de l’Association, on ne pouvait que regretter la pudeur toute franco-belge qu’elle continuait à témoigner, jusque (et surtout) dans les divers essais autobiographiques — seul Joann Sfar avec sa série consacrée aux peintres évoquait l’éventualité d’une sexualité dans les pages de Lapin. A croire qu’il fallait bien ce sacrifice pour se démarquer de la bande dessinée pornographique, pour être étiqueté « BD Adulte », et non pas « BD pour Adultes ».
Avec Aline et les autres, Guy Delisle parle (enfin !) de la chose en 26 portraits comme autant de fantasmes. Premier livre de l’Association en bichromie, on y trouvera plutôt une succession de pages monochrome en gris ou en ocre, planches muettes où défilent (comme un film) les petites cases.
D’Aline à Zoé, c’est une vision très particulière de la femme que l’on découvre, de la femme-objet à la femme-mante religieuse, livre de transformations étranges et de cannibalisme sans pitié. On en vient même parfois (souvent ?) à se poser quelques questions sur les traumatismes (éventuels) de l’auteur ...
Un livre sympathique et amusant.
L’auteur d’American Splendor et l’une des figures emblématiques de l’autobiographie en bande dessinée, Harvey Pekar s’est éteint hier à 70 ans. Il laisse derrière lui son « grand œuvre », chronique personnelle illustrée tour à tour par R. Crumb, Spain Rodriguez ou encore Joe Sacco, entre autres noms remarquables. En 2003, il avait été incarné à l’écran par Paul Giamatti.
Aux flâneurs de la capitale réfractaires aux sirènes du ballon rond, les jours qui viennent s’annoncent riches en horizons à explorer. Pour commencer, Thomas Ott s’expose du 11 juin au 17 juillet à la Galerie Martel (17 rue Martel dans le 10e). Ensuite, histoire de continuer à célébrer les XX ans de l’Association, Benoît Jacques prend la suite de Nine Antico et de Grégoire Carlé et « s’installe » du 15 juin au 17 juillet à Super-Héros (175 rue St Martin dans le 3e). Enfin, on pourra aller admirer le travail de Dominique Goblet & Nikita Fossoul et Aurélie William Levaux du 18 juin au 18 juillet au Monte-en-l’Air (71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare dans le 20e).
Avis aux amateurs : ce mois de mai promet d’en éblouir plus d’un.