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| (c) Umezu Kazuo / Extrait de "Hyôryû Kyôshitsu" | ||

Créateur du terme « manga d’horreur », Umezu Kazuo connaît son premier succès avec Hebi-Shôjo (« La fille-serpent ») en 1966, premier titre d’une bibliographie spécialisée dans le cauchemar. Hyôryû Kyôshitsu (L’école emportée) recevra d’ailleurs le prix annuel de la Shôgakkan en 1975, et sera même adaptée en série pour la télévision en 2001, sous le titre Long Love Letter.
La trame en est relativement classique, s’attachant à suivre les aventures et les tensions d’un petit groupe livré à lui-même dans une situation de survie — dans ce cas précis, une école primaire projetée dans un univers sinistre, seul îlot de vie au milieu d’un désert sous un ciel perpétuellement orageux. Et de montrer comment tout ce petit monde s’organise et se déchire, entre les contingences pratiques et les luttes de pouvoir intestines. Alors que les adultes sont dépeints comme cupides, égoistes et pour la plupart irresponsables, ce sont les enfants qui vont prendre le contrôle. [1]
On pense très vite à Sa Majesté des Mouches de William Golding, avec ces enfants qui remettent en place une structure de gouvernement de crise, qui va très rapidement basculer dans la violence et la haine. Mais Umezu Kazuo ne se contente pas de faire jouer les rivalités de ces écoliers, et va faire intervenir toute une galerie de créatures étranges et viscéralement horrifiques — on est dans un univers du chtonien, où insectes et reptiles règnent en maître.
Souvent, la narration (d’un trait parfois maladroit et daté mais toujours d’une noirceur extrême) touche effroyablement juste, au travers de scènes à la limite du supportables où presque tous les interdits moraux [2] vont être transgressés, jusqu’au cannibalisme. A d’autres moments, la naïveté trop flagrante brise le charme : depuis les dialogues et les réactions des enfants, qui trahissent une maturité exagérée pour des élèves de primaire, jusqu’à l’explication des raisons de leur présence dans cet univers dévasté, fatras pseudo-scientifique dont les Japonais sont assez coutumiers.
Comme beaucoup d’œuvres dites « de patrimoine », Hyôryû Kyôshitsu accuse aujourd’hui son âge et n’est pas exempte de défauts, [3] mais reste néanmoins un voyage viscéralement dérangeant dans l’univers du manga d’horreur.
[1] Témoin l’adoption symbolique du petit Yuu. A noter que cette thématique de la démission des adultes est une des grandes constantes des films de « slashers », Freddy et Jason en tête, où le salut des adolescents passe par l’entraide et l’altruisme — la reconstitution d’une cellule familiale, en quelque sorte.
[2] Hors tout ce qui a trait au sexuel.
[3] Comme quelques redites sur la longueur de ces quelques deux mille pages (en six tomes épais de petit format), dans la dernière partie du récit, avec la résurgence des affrontements entre groupes d’élèves, par exemple.
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#01
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Pour réflexion : pour qui sait les lire (pas moi), cette oeuvre montre sûrement ses rides, mais elle délivre par ailleurs en cathéter avec piqûres de rappel un message catastropho-écolo parfaitement d’actualité : "Regardez ce qui va arriver à la terre si vous ne faites pas attention à l’environnement".
Et en effet, ça donne envie de trier ses déchets.
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par V le 27 novembre 2006
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L’auteur d’American Splendor et l’une des figures emblématiques de l’autobiographie en bande dessinée, Harvey Pekar s’est éteint hier à 70 ans. Il laisse derrière lui son « grand œuvre », chronique personnelle illustrée tour à tour par R. Crumb, Spain Rodriguez ou encore Joe Sacco, entre autres noms remarquables. En 2003, il avait été incarné à l’écran par Paul Giamatti.
Aux flâneurs de la capitale réfractaires aux sirènes du ballon rond, les jours qui viennent s’annoncent riches en horizons à explorer. Pour commencer, Thomas Ott s’expose du 11 juin au 17 juillet à la Galerie Martel (17 rue Martel dans le 10e). Ensuite, histoire de continuer à célébrer les XX ans de l’Association, Benoît Jacques prend la suite de Nine Antico et de Grégoire Carlé et « s’installe » du 15 juin au 17 juillet à Super-Héros (175 rue St Martin dans le 3e). Enfin, on pourra aller admirer le travail de Dominique Goblet & Nikita Fossoul et Aurélie William Levaux du 18 juin au 18 juillet au Monte-en-l’Air (71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare dans le 20e).
Avis aux amateurs : ce mois de mai promet d’en éblouir plus d’un.