Ferme 54 de Galit Seliktar & Gilad Seliktar
En français Publié chez Editions çà et là
Chroniqué par Jessie Bi en septembre 2008

Ce sera une décennie comme d’autres, où des corps changent, où la vie impose ses devoirs. Ferme 54 est en Israël. Et comme il y a trois dates — 1981, 1983 et 1989 — ce sera forcément, en ces terres aussi vieilles que l’Histoire, un peu avant, un peu après ou entre un conflit au Nord et une révolte par les pierres.

Mais pendant cela la vie continue, elle donne et prend sans que les hommes interviennent, ou inversement persistent en leurs conflits, qu’ils soient individuels ou collectifs.
Accident, et c’est un enfant qui meurt, un chien allant mourir dans une cave.
Lui, et c’est l’amour qui émerge, un flot de sensations qui se découvrent, un autre autre à connaître.
Eux, et c’est moi avec, parmi, contre et une maison à détruire.
Le pire avec le meilleur donc, pour ne pas s’habituer au dernier ou pour ne pas qu’il perde sa valeur. Tout a une fin, mais un début aussi, pas plus simple, pas moins désagréable parfois. Vivre sera donner la vie et la voir se perdre, la prendre et la voir persister.

Ce livre est fort de cette certitude de vivre et d’être vivant, sur un chemin sans fin car sans réponses. On y prend le temps pour ce qu’il est, support d’instants où le sens, le perçu est quelque chose à partager dans la mémoire ou la volonté d’oublier.
Au gré des pages, une sensualité surprenante, dérangeante, s’impose d’une poétique d’images et de mots à la rythmique savante, discrète et immersive où l’anecdote, le détail, acquièrent une force rare, partie d’un tout téléologique qui ne peut être pensé, mais qui, peut-être paradoxalement, donne sens, valeur et bonheurs.
L’horizontalité de ce qui se dessine entre le blanc et la monochromie violette, est à l’échelle des deux yeux, assoie une allure et un regard, lui donne le rôle pour pénétrer ces vies dans la vie, surgissant d’un passé dans notre présent en lecture.

La part autobiographique se décèle quelle que soit son importance. Elle est là, distille son évidence, sa proximité, comme une forme de chaleur humaine proche, d’intimité d’une parole chuchotée, qui ancre le récit dans la vérité d’un point de vue, d’un témoignage quoiqu’il sera dit et/ou montré. Elle participe à son sujet, imbibition vitale dans le contraste de journées aux limites du temps, des jours et du regards.
Un livre remarquable de justesse, certainement une des plus belles lecture de l’année.

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Communication réduite à Strasbourg ?
25 janvier 2010
Le département communication de l’École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg est actuellement menacé de voir ses effectifs réduits. Cette formation est une institution dans le domaine de la didactique visuelle mais surtout dans le domaine de l’illustration, et bénéficie d’une très bonne réputation auprès des professionnels et des éditeurs grâce à son ouverture d’esprit et à sa capacité à être toujours contemporaine et innovante.
Sous la direction de Claude Lapointe puis de Guillaume Dégé, l’atelier d’illustration a formé en près de quarante ans des personnalités majeures de l’illustration ou de la bande dessinée : Blutch, Marjane Satrapi, Lisa Mandel, Hélène Georges, Boulet, Béhé, Simon Hureau, Matthieu Sapin, Serge Bloch, Pierre Duba, Christophe Chabouté et bien d’autres.
Les réformes proposées par la direction risquent de la refermer sur elle-même et la fragiliser. Plus d’informations sur le site créé pour l’occasion.
Le compte est bon
29 décembre 2009
Comme chaque année, entre Noël et Jour de l’An, Gilles Ratier (secrétaire général de l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) publie son rapport. Le verdict pour 2009, donc, est tombé : « une vitalité en trompe-l’œil ? »
Pour les amateurs de chiffres, entre le foie gras et les marrons glacés, l’ensemble du rapport est disponible sur le site de l’ACBD.
Hommage Anthume
7 décembre 2009
Du 8 Décembre 2009 au 27 Février 2010, la Médiathèque François-Mitterrand de Poitiers offre une « Carte blanche à Thierry Groensteen, une vie pour la bande dessinée ». En plus des deux expositions (dont une consacrée aux héros de la bande dessinée), seront proposées diverses animations et rencontres, sous la forme de tables rondes et de BD-Concerts. Le détail du programme se trouve sur le site de la Médiathèque.
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