Le Fleuf
Dossier de Erwan Cario en octobre 1997

Qu’est ce qu’un Fleuf [1] ?

Tout d’abord, et pour éviter toute ambiguïté, « fleuf » n’est pas, et de loin, un terme péjoratif. Je dirais même plus, que serait la BD sans les fleufs ???? Pour résumer le concept, le fleuf est le genre de BD qu’on lit avec un plaisir non dissimulé ... chez les amis. [2]

Si on devait effectuer une classification, elle serait :

  1. Chef d’oeuvre
  2. Incontournable
  3. Excellent, à ne pas manquer.
  4. Fleuf
  5. Moyen
  6. Médiocre
  7. Vraiment mauvais
  8. Puant

Vous remarquerez, j’en suis sûr, qu’il y a plus de catégories sous le fleuf qu’au dessus. Évidemment, il serait maladroit de votre part de féliciter lors d’un festival quelconque un auteur plus baraqué que vous pour son « fleuf monumental » sans lui expliquer précédemment de quoi il en retourne [3]. Enfin bon, à vous de voir ... Mais je m’égare ...

Donc, un fleuf se lit et se relit (une année d’intervalle en général) avec plaisir. Il accompagnera avec goût vos chefs d’oeuvre et vos incontournables sur votre bibliothèque. Il fait aussi partie de ces BDs que l’on feuillette avec plaisir, le chef d’oeuvre ayant, lui, besoin de plus de temps. Vos amis seront heureux de trouver quelques fleufs à se mettre sous la dent pendant que vous préparerez le repas dans la cuisine, et ainsi, vous n’aurez pas cette désagréable sensation de les abandonner. Il est vrai qu’il est plus simple de feuilleter un Lanfeust de Troy [4] que l’Éloge de la poussière [5].

Il est à noter aussi que la notion de fleuf, tout comme celle de chef d’oeuvre ou de toute autre classification, est très subjective. Le fleuf d’une personne peut être le chef d’oeuvre d’une autre et une BD médiocre pour une troisième, ce qui peut d’ailleurs engendrer des débats houleux autours d’une bière, mais je ne vous apprends rien. [6]

Pour finir, un petit jeu distrayant pour tous. Mettez-vous face à votre bibliothèque et compter vos fleufs, chefs d’oeuvre, etc ...

Envoyez ensuite vos resultats dans les 8 catégories à du9. Nous ferons le total, et croyez moi, nous obtiendrons une jolie courbe de Gauss avec son maximum dans les fleufs.

[1] Il s’agit d’une francisation du terme « Fluff » de nos cousins américains. En gros, ca veut dire, « douceur », « sucrerie », et d’après Gregg, c’est aussi le nom d’une pâte a tartiner aux chamallows ... A vous de trouver le lien entre VF et VO ...

[2] Attention, je précise là que je ne fais absolument pas ici l’apologie de la sous-culture. Ça n’a rien a voir avec ces personnes qui adoooooorent les series Z genre Max Pecas au cinéma. Au contraire, un fleuf peut être un chef d’oeuvre dans un genre qui, d’habitude, ne vous est pas familier. Pour moi, par exemple, il y a d’excellents fleufs d’heroïc fantasy.

[3] Il est à noter qu’il ne faut pas se fier qu’à la carrure de l’auteur, mais aussi à celle des fans. Essayez au stand Van Hamme, lui n’a sans doute pas la carrure, mais les apprentis-SPADS qui lui servent de fans, si !!!!

[4] Arleston et Tarquin. Pour moi, un des meilleurs fleuf qui m’ait été donné de lire récemment.

[5] Baudoin. Un chef d’oeuvre de Baudoin, serait-ce un pléonasme ?

[6] L’abus d’alcool etc etc etc ...

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BRÈVES
Flashback
1er septembre 2010
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Splendor No More
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L’auteur d’American Splendor et l’une des figures emblématiques de l’autobiographie en bande dessinée, Harvey Pekar s’est éteint hier à 70 ans. Il laisse derrière lui son « grand œuvre », chronique personnelle illustrée tour à tour par R. Crumb, Spain Rodriguez ou encore Joe Sacco, entre autres noms remarquables. En 2003, il avait été incarné à l’écran par Paul Giamatti.
Coupés du Monde
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Aux flâneurs de la capitale réfractaires aux sirènes du ballon rond, les jours qui viennent s’annoncent riches en horizons à explorer. Pour commencer, Thomas Ott s’expose du 11 juin au 17 juillet à la Galerie Martel (17 rue Martel dans le 10e). Ensuite, histoire de continuer à célébrer les XX ans de l’Association, Benoît Jacques prend la suite de Nine Antico et de Grégoire Carlé et « s’installe » du 15 juin au 17 juillet à Super-Héros (175 rue St Martin dans le 3e). Enfin, on pourra aller admirer le travail de Dominique Goblet & Nikita Fossoul et Aurélie William Levaux du 18 juin au 18 juillet au Monte-en-l’Air (71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare dans le 20e).
Ah oui, et puis sinon, il paraît qu’il y a aussi quelque chose au Palais de Chaillot jusqu’au 28 novembre... alors bonne(s) visite(s).
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