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| (c) Loïc Dauvillier & Thibault Poursin / Extrait de "Passages" | ||

Par honnêteté intellectuelle et comme c’est mon premier article ici, je préfère préciser d’emblée que je connais Loïc Dauvillier personnellement. Ceci ne m’empêchera pas de faire ici un article le plus sincère qui soit, mais cela évitera en revanche toute accusation de copinage éhonté ou de favoritisme primaire.
Ce petit point étant éclairci, je voudrais tout d’abord exposer le pourquoi de cet article. Deux choses importantes à cela. La première est que la démarche qu’entreprennent Loïc Dauvillier et Thibaut Poursin pour la distribution de leur ouvrage pose un certain nombres de questions primordiales pour l’économie du livre à venir. A l’heure où l’on nous parle à longueur de journée de crise mondiale, les restructurations et les évolutions qui ont lieu depuis la « révolution numérique » dans le monde du livre, ont déjà bien entamé le quota de crise de ce secteur culturel. Ce que proposent les auteurs ici prouve que de nouveaux schémas de distribution sont en train d’être expérimentés et ce, grâce à l’ouverture qu’offre Internet.
Mais quelle est donc cette démarche de distribution ? Comme vous vous en doutez, entre le moment où un livre naît dans l’esprit de l’auteur et le moment où il arrive entre vos mains avides de découvertes, il est déjà passé entre de nombreuses mais non moins avides, paires de mains. Et après chaque intermédiaire, le prix du livre a augmenté. Je ne suis pas économiste ni spécialiste de la question, je n’ai jamais très bien compris tous les tenants et les aboutissants de cette vaste farandole que l’on appelle le marché du livre mais ce que je sais en revanche aujourd’hui c’est que pour un livre comme celui que proposent les auteurs, son prix varierait du simple (10 euros pour l’heure) à plus du double s’il avait emprunté le circuit normal. Il n’est pas question ici de jeter l’opprobre sur telle ou telle catégorie d’intermédiaire qui se sucrerait plus qu’une autre au passage ou même de trouver le coupable ou le responsable de tout ça mais face à la monté des coûts en tous genre, raccourcir les circuits de distribution pour faire baisser le prix de vente, en se servant d’Internet comme vitrine est une option tout à fait intéressante.
Sachez-le donc, ce livre n’est pas disponible chez les libraires. Le seul moyen de vous le procurer est de l’acheter directement chez le producteur à cette adresse.
Mais ce livre pose aussi une autre question puisqu’il est disponible en format PDF. Pour ceux qui ne comprendraient pas ce que cela signifie ; il est accessible gratuitement sur le site du scénariste Loïc Dauvillier. Or la gratuité de cet accès doit-elle pour autant nous dispenser de l’achat du livre en lui-même, source de revenu des auteurs bien sûr ?
Pour ma part, la réponse est sans équivoque, non. Pourquoi ? Parce que le tour de force de ces derniers est d’avoir réussi à faire de ce livre, un bel objet. Car un livre rappelons-le, n’est pas seulement une lecture. C’est aussi un objet. Et force est de constater que celui-ci est réussi.
Abordons maintenant le second point qui m’a poussé à écrire cet article et parlons donc du livre lui-même ; de son contenu avec un mot tout d’abord de l’histoire. Il sera rapide puisqu’il est inutile à mon sens que je me lance dans un résumé qui ne signifierait pas grand-chose. Tout est basé ici sur la sensibilité qu’a su transmettre le scénariste. Sachez seulement que l’on y croise toute une galerie de personnages tout simplement humains et que c’est cette simplicité qui donne toute son authenticité au récit.
Ma première lecture s’est faite sous le format PDF, « pour voir » comme on dit. Cette première approche m’a confirmé ma sensibilité au trait de Thibaut Poursin. Même à travers un écran, l’expression de son trait qui évolue entre De Crécy et Larcenet, a su trouver le ton juste pour habiller cette série d’histoires innocentes et poétiques. Avec quelque chose des Petits riens de Lewis Trondheim, la couleur en moins et la poésie en plus, cette narration qui s’accroche aux choses infimes de la vie s’organise autour d’une succession de tableaux ayant pendant quelque temps une toile de fond fixe.
Cette lecture quelque peu sautillante qu’induit ce format numérique offre une double forme de lecture. En effet le format « une case une page » déjà utilisé par d’autres auteurs fonctionne puisque cette narration touche le lecteur par sa sincérité et arrive même à le surprendre par son originalité. Et le rendu sur l’écran, avec cette succession de cases, flirte sans y toucher vraiment avec l’animation. On pourrait presque y voir quelque chose de Plympton par exemple flottant alors autour de cette lecture à l’écran.
Puis plus tard j’ai eu le livre entre les mains. Plusieurs choses se sont confirmées alors. A l’écran comme assis dans son canapé, c’est un livre qui se lit vite. Mais une fois qu’on l’a entre les mains justement, s’il reste dans la liste de ces ouvrages qu’on lit rapidement, il entre dans la catégorie plus restreinte de ceux auxquels on repense avec délectation et qui même vous donne envie de s’y replonger, juste comme ça, pour voir. Car une lecture rapide ne veut pas dire pour autant qu’il s’agisse d’une lecture vide, que l’on oublie sitôt le livre terminé. Rapidité n’est pas forcément synonyme de vacuité et si l’on enchaîne les pages les une derrière les autres, c’est pour mieux rester dans l’ambiance que les auteurs ont su créer tout au long de ces 180 pages ; peut-être devrais-je dire de ces 180 scènes.
Et c’est cette impression qui s’amplifie avec l’objet « livre » entre les mains. Chacun a sa façon de lire et personnellement, je suis de ceux qui peuvent revenir de très nombreuses fois vers un livre que j’ai apprécié. Or il est certain maintenant que je ferai de nombreux Passages tout au long des pages de celui-ci.
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#01
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Hum... Tout ça demanderait une réflexion vraiment approfondie, mais ce que je peux en dire sur le vif, c’est que vos arguments m’évoquent ceux d’Amazon et de ses partisans dans leur guerre d’extermination totale des "intermédiaires culturels". On commence par éliminer les libraires (en cours) avant d’éliminer les éditeurs (en projet). Et on enrobe le tout dans un discours consensuel à base de "démocratisation" et de "libre accès" à la culture. Histoire de masquer une ambition folle et démesurée : passer du stade de maquereau de la logistique à celui de tycoon incontournable de la Pensée Universelle.
Il ne s’agit pas là de remettre en cause le "Do it yourself" (dont il est d’abord question dans votre article et qui a un bel avenir devant lui, nouvelles technologies aidant) mais bien de s’interroger sur un certain air du temps qui voudrait que tout un chacun soit à même de "créer" dans son coin et de se passer d’intermédiaires perçus comme des parasites.
Alors évidemment : chacun est libre de faire de l’aquarelle le dimanche, de la bande dessinée sur son blog, de publier ses souvenirs chez l’Harmattan ou à la Pensée Universelle, mais il me semble que la fonction de "passeur" ou de "colporteur" (i.e éditeur, libraire, disquaire, rédacteur en chef, programmateur d’une salle de cinéma...) ne consiste pas qu’à maquereauter l’auteur : le rôle d’un intermédiaire de qualité, c’est de mettre en résonance une oeuvre, de la contextualiser, de la mettre en perspective, de l’avoir choisie plutôt qu’une autre et de pouvoir s’en justifier.
Soit dit en passant...
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par Le Monte-en-l’air le 22 novembre 2008
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>01
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Merci pour cette intervention. C’est exactement pour ça qu’au début de l’article j’ai évité de mettre en cause tel ou tel intermédiaire. Tout d’abord parce que tout le monde se renvoie la balle et ensuite parce que personnellement je n’y comprends pas grand-chose.
En revanche ce que j’ai cherché à montrer c’est que malgré les structures qualitatives existantes (les librairies en l’occurrence et particulièrement pour ce genre d’ouvrages, les librairies indépendantes), certains auteurs confirmés cherchent malgré tout de nouveaux formats de distribution. Et ce n’est pas nécessairement pour se faire plus d’argent. Mais c’est parce que parfois ils ont en main des histoires qui leur tiennent à coeur mais qui ne rentrent dans aucun format de la distribution éditoriale. Du coup, ils se lancent dans l’aventure par eux-même, en profitant de la vitrine internet. C’est aussi un pari risqué.
Maintenant pour le discours visant à dire que comme tous les intermédiaires ne sont qu’une bande de parasites ne pensant qu’à s’en mettre plein les poches, loin de moi cette idée. Comme partout et comme dans toutes les catégories professionnelles il y a des vampires qui ne pensent qu’à tirer le maximum de leur position et il y a les esthètes, les passionnés qui cherchent à faire partager leurs connaissances et leurs découvertes. Savoir comment ces derniers vont trouver leur place dans le monde numérique et pouvoir en vivre ça c’est un vrai problème je vous l’accorde. Est ce qu’une librairie virtuelle indépendante pourrait exister par exemple ? Personnellement je n’en sais rien. En revanche ce que je sais c’est nous sommes beaucoup à chercher des points d’ancrages, des carrefours, des références pour satisfaire notre curiosité de lecteur et de découvreur et que le libraire et le bibliothécaire restent deux instances incontournables.
par Philéas le 23 novembre 2008
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la défense de « l’intermédiaire de qualité » est fort pertinente a priori ; malgré tout elle tombe un peu à plat lorsqu’elle s’attaque à un phénomène aussi bénin et symptomatique que la micro-édition. d’ailleurs, cet intermédiaire supposément absent, vous l’avez sous les yeux, c’est le critique qui nous parle d’un livre dont nous n’aurions su autrement qu’il en valait la peine. ce débat me concerne parce que comme les auteurs de ce livre, de la micro-édition, j’en fais aussi. et je pense que c’est parce qu’au bout du compte, le but de ce travail c’est une publication, petite ou grande, fanzine ou livre, la bande dessinée est un art littéraire et sa finalité est dans l’imprimé. éditer d’aussi petits tirages ne présente aucun avantage économique, ce n’est pas viable, c’est une vanité que l’auteur se permet en sachant que ça se retournera éventuellement contre lui (ici par exemple, où on lui reproche de cracher sur le libraire). c’est par une folie nécessaire que ces choses-là se font en-dehors du circuit des éditeurs et des libraires... ce qu’on appellerait une soupape, un antidote à la rancœur pure et simple. le problème n’est pas l’intermédiaire, il est dans la multiplication de ceux-ci, à leur manque de discernement chronique, à leur logique de marchand de patates. les gros marchands ne sont pas la solution et la logique de la micro-édition n’a rien à voir avec un amazon qui prend tout et n’importe quoi sous son aile. aux vrais bons libraires de prendre les devants, rien ne les empêche de participer à ce petit creuset d’œuvres fraîches qui se développe sous nos yeux, à les offrir à sa clientèle distinguée. mais vous avouerez avec moi que des bons libraires, il n’y en a pas des masses et surtout, il n’y en a pas partout... (tout le monde n’habite pas paris...)
par david t le 25 novembre 2008
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#02
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"c’est une vanité que l’auteur se permet en sachant que ça se retournera éventuellement contre lui". Je suis totalement d’accord pour dire que c’est une vanité de l’auteur et cela ne me dérange pas de devoir assumer les reproches des libraires. Je suis juste triste... triste de voir que l’on demande aux auteurs de respecter un circuit... passer par l’éditeur, qui passera par un diffuseur, qui passera par un libraire. Cela veut il dire que si notre travail ne trouve pas d’éditeur, il est de bon ton de ne pas en faire un livre ? Vous connaissez ma réponse. Le système a un peu oublié que l’éditeur n’était pas un patron. C’est une personne à qui l’auteur confie l’exploitation des droits d’une série, d’une album. Je pense que la naissance d’un SNAC est révélateur de la prise de conscient des auteurs sur ce fait. C’est à nous, auteurs, de prendre les choses à cœur et nous y investir. Je suis profondément pour la défense de la librairie indépendante... mais je ne suis pas certain que les librairies indépendants soient en mesure de défendre l’ensemble de la production. Il suffit de voir la diminution des mises en place dans les circuits ordinaires. Ca me fait mal d’avoir ce type de réaction car je connais la valeur de votre travail de libraire... mais je m’attendais également à une autre réaction. désolé |
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par loic le 25 novembre 2008
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>02
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Je vous raconte ma vie : je suis libraire, je choisis les livres présentés dans ma modeste boutique et pour l’essentiel on est dans le registre des "œuvres fraîches". En plus, c’est fou, ça ne se passe même pas à Paris dis-donc ! Par contre, je n’ai pas encore lu Passages, donc tout ce qui suit est déconnecté de ce titre.
Alors comme ça, l’éditeur serait quelqu’un à qui "l’auteur confie l’exploitation des droits d’une série, d’un album". Heu... C’est tout ? Rien d’autre ? Un exploitant, voire un exploiteur ? Il me semblait pourtant qu’une des fonctions, qu’une des richesses de l’éditeur concernait son regard, ses goûts, son appréciation du travail proposé. Tous les livres ne doivent pas exister au prétexte que leurs auteurs sont convaincus qu’ils le méritent. C’est d’ailleurs LE problème de la (sur)production "indé" : on confond trop souvent, me semble-t-il, oeuvre-personnelle-avec-beaucoup-de-caractère et sombre bouse. Je ne parle pas du secteur industriel qui produit à la pelle des bouses industrielles. La bouse indé est d’une toute autre nature. Elle est prétentieuse, car elle se pare des vertus de la bande dessinée d’auteur. Heureusement que les libraires indépendants ne vont pas "défendre l’ensemble de la production" ! Et puis quoi encore ? Bon. Je vais lire Passages, maintenant.
par kstor le 25 novembre 2008
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#03
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Bonsoir Monsieur le libraire. Où est votre librairie ? Nous connaissons nous ? Comme vous, je crois que l’éditeur n’est pas qu’un gestionnaire de droit. Malheureusement, il y a éditeur et Editeur comme il y a libraire et Libraire. Il ne s’agit pas d’avoir une crosse pour se prétendre évêque. Oui, j’ai longtemps cru que l’éditeur était un révélateur. Une personne qui pouvait permettre à l’auteur d’avoir un regard critique extérieur. Malheureusement, je crois franchement que ce n’est pas souvent le cas. Cette critique est basée sur mon expérience et celle de mes proches. Il y a un calcul simple à faire… calcul qui nous permet de faire le capital temps qu’un éditeur peut consacrer à un projet. Pour une maison d’édition, vous commencez par prendre le nombre d’ouvrage édité dans une année. Vous divisez ce nombre d’ouvrage par le nombre d’éditeur. Cela vous donne un chiffre intéressant… vous verrez ! Pour aller plus loin. Une année de travail, c’est environ 1800 heures de travail. Vous divisez 1800 heures par le nombre d’ouvrage pas éditeur. Je vous laisse deviner qui... mais pour un éditeur, ça fait moins de 15 heures. Lorsque vous savez qu’un éditeur doit également gérer une partie de l’administratif, la présentation au diffuseur, une présence en festival, les réunions éditoriales… Je vous laisse rêver sur le temps qu’il peut consacrer à la partie artistique ! C’est édifiant ! De plus, les éditeurs ne font plus de choix en fonction de la qualité de l’œuvre mais en fonction de sa possibilité d’exploitation. Ca ne laisse pas beaucoup de plus pour l’innovation et la créativité. Tout n’est pas noir…. Mais il y a plus de gestionnaire de livre que d’éditeur. Oui, tous les livres ne doivent pas exister… vous avez raison ! Mais ce critère est très subjectif. Vos gouts, mes gouts, les gouts du lecteur X… c’est ce que l’on nomme diversité. C’est justement cette diversité qui fait que les librairies indépendantes sont primordiales dans le panorama du livre. Mais les libraires indépendantes sont en train de mourir… et la surproduction n’est pas le seul responsable (position du gouvernement… manque de tresorie…) Ne pensez vous pas, monsieur le libraire, que les auteurs sont en droit d’envisager des nouvelles pistes pour pouvoir continuer à créer ? Car, le problème est là…. Comment faire pour continuer à créer et à mettre nos productions à disposition du public ? Devrions-nous être les seuls à passer à coté des possibilités qu’offrent internet ? Une nouvelle fois, vous avez raison, il y a un problème avec l’édition indépendante. En créant l’association, les auteurs éditeurs, ont voulu publier des choses que les gros éditeurs n’étaient pas en mesure de publier. Maintenant, il est possible de faire ce type de bande dessinée au sein de grand catalogue. On pourrait donc croire que l’édition indépendante va évoluer pour proposer des livres en marge des lignes éditoriales des gros éditeurs. Hors, c’est l’inverse qui se déroule. Il y a de plus en plus de monde et de plus en plus de ligne éditoriale formaté. C’est le premier problème que nous rencontrons dans l’édition indépendante. Le deuxième problème, c’est le nombre croissant de nouvelles petites boites « indé ». Mais, il n’envisage pas l’édition indépendante comme une autre façon de voir l’édition mais comme une alternative à la création d’une grosse boite d’édition. Un tremplin. L’édition n’est pas envisager sous sa forme artistique mais sur celle de l’économie. Bilan, il n’y a pas de personnalité et de ligne éditoriale cohérente. Ils éditent des projets comme ils épluchent des patates pour faire de la purée…. Sans compter qu’ils laissent rêver des « auteurs » sur une éventuelle carrière. Ce n’est rendre service à personne. Si nous avons choisi le nom « absence » pour encadrer cet ouvrage, ce n’est pas un hasard. Cette distraction ponctuelle à au moins l’avantage de provoquer des discussions et rien que pour ça, ça en vaut la chandelle. |
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par loic le 26 novembre 2008
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>03
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Pour répondre à David T, je me garderai bien de définir ce qui fait un "livre valable". Comme dirait l’autre, le terrain est en pente et la route savonneuse. En fait, je trouve dommage qu’on nous serve de façon sous-jacente, voire jacente tout court, le couplet sur le pauvre auteur perdu dans un monde d’éditeurs cruels et de libraires incompétents. Je crois que personne n’a à gagner de cet antagonisme, sauf les plus cyniques. Et puis, à force de répéter que "les libraires indépendants sont en train de mourir", on va finir par s’en convaincre. Le Monte en l’air a quatre ans d’âge, Philippe le libraire vient d’ouvrir ; et dans ma ville de province, trois librairies (dont deux généralistes) ont ouvert leurs portes en l’espace de deux ans, sur un principe : celui de refuser les offices pour choisir leurs livres et assurer la bibliodiversité. Vous voyez, tous les espoirs ne sont pas perdus, même s’il faut rester prudent parce que cette économie est fragile et que parallèlement, des librairies historiques jettent l’éponge (...en particulier à Bordeaux). Nos métiers sont différents et complémentaires. Il est vrai que les auteurs qui se mettent à l’édition font souvent un travail remarquable (Un nom parmi d’autres ? La Cerise). Histoire de regard, de goût, de connaissance des matières, etc. Le problème est, comme vous le soulignez d’ailleurs, que le boulot d’édition se fait au détriment du reste, donc de la création. Et je ne parle pas de la distribution ni de la présentation des ouvrages ! Loïc, dans votre message, vous évoquez les maisons d’éditons qui sont susceptibles de sortir (au moins) 120 livres par an, vous visez donc le secteur industriel. "Les éditeurs [qui] ne font plus de choix en fonction de la qualité de l’oeuvre mais en fonction de sa possibilité d’exploitation" sont à chercher de ce côté-là, même si je partage entièrement votre point de vue sur le fait que certains petits éditeurs restent petits non par choix mais parce qu’ils ne peuvent pas devenir grands (des noms ? Clair de lune, Wetta, etc.). Les "vrais" "petits" éditeurs, ceux qui envisagent leur travail avec soin et diligence quant à la réalisation des ouvrages, et aussi, de préférence, quant au statut des auteurs, qui sont plus souvent en rendez-vous avec leur imprimeur qu’avec Pasamonik pour une interview, bref, ceux que je serais tenté de ranger sous le label trop fourre-tout "indé", sont parfaitement aptes, dans leur multitude, à estimer la qualité d’un livre à naître, à mon humble avis. Pour conclure (provisoirement, parce que ça part dans tous les sens) sur une note légère, j’ai beaucoup aimé la question que vous posez en ces termes : "devrions nous [nous les auteurs] être les seuls à passer à côté des possibilités qu’offre internet ?" J’en ai parlé à quelques amis qui ont beaucoup ri aussi (Boulet, Frantico, Chicou Chicou, Lisa Mandel, Laurel, Dampremy Jack, Monsieur le chien, James Kochalka, Vincent Sardon, Ruppert et Mulot et 4567823 autres artistes qui explorent plus ou moins les possibilités du net ; certains n’y voyant qu’une vitrine, d’autres — plus rares — un fabuleux terrain de jeu déconnecté de l’édition papier).
par kstor le 27 novembre 2008
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#04
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J’ai la sensation que dans le fond, nous sommes relativement d’accord … Il est hors de question de voir l’auteur comme un « calimero » de l’édition. La stature de l’auteur maudit ne mène à rien. C’est une évidence… mais, il est plus facile de se plaindre que d’agir. Concernant votre phrase : « le couplet sur le pauvre auteur perdu dans un monde d’éditeurs cruels et de libraires incompétents. » Hmm ! En qualité d’auteur, je fuis les mauvais libraires. Je sais qu’il existe mais je n’aime pas la médiocrité et je préfère passer mon temps avec des personnes de qualité. En conséquence, je n’ai pas de vision négative de la librairie mais plutôt une vision positive et optimiste. Il me semble que mon engagement pour la défense de la loi lang… ou encore mes prise de position sur les délais de paiement en sont des preuves. Pour moi, un bon libraire est un passeur. Refuser les offices au profit d’un choix est une très très bonne chose. Je ne dirai pas le contraire. Vous semblez faire parti des libraires qui pensent que vendre des livres ou des boites de conserve, ce n’est pas la même chose. Bravo et merci ! Vous dites également : « cette économie est fragile ». Je suis totalement d’accord avec vous. Le poids du stock, la perte de trésorerie...etc.. Par cette phrase, vous venez de donner l’argument qui m’a décidé à ne pas faire entrer Passages dans un circuit conventionnel (cf – mon post plus haut). Par cette action, je ne diabolise pas le libraire… du moins, il ne me semble pas. Concernant la situation à Bordeaux, vous avez raison… c’est un drame qui se joue actuellement… aussi bien humain, qu’économique. (Pour compléter votre information sur Bordeaux, la librairie Album annonce une fermeture de son magasin pour le mois de Juin 2009. Nouvelle du début de semaine) Je ne suis pas en opposition avec les libraires… vraiment ! Je n’ai pas réalisé cet ouvrage pour éviter de bosser avec des mauvais libraires. J’ai juste posé une analyse sur le prix de vente et sur la (les) possibilité(s) de le vendre. J’en ai déduis que la vente en librairie n’était pas envisageable. Vous avez raison, La Cerise est une structure éditoriale remarquable. Les efforts de Guillaume ne sont pas sans conséquence. Il y a un sens dans sa façon de voir l’édition… Pourtant, il s’auto-édite. Cela doit faire écho à votre phrase : « Tous les livres ne doivent pas exister au prétexte que leurs auteurs sont convaincus qu’ils le méritent. ». Je vous taquine et j’espère que c’est de bon ton ;) Concernant le choix de l’éditeur… oui, les structures éditoriales humaines sont intellectuellement plus enrichissantes mais comment allons nous vivre. Il nous faut prendre un « travail » en marge de celui de l’écriture ? J’ai bossé et je bosse pour des éditeurs comme les enfants rouges, 6 pieds. Je me lance actuellement dans l’aventure avec les éditions La gouttière. Je suis aux anges lorsque je peux travailler avec eux…. Mais c’est parce que je travaille avec des gros éditeurs que je peux me permettre de bosser avec ces personnes. Il faut être réaliste... lorsqu’une petite boite vous propose 300 euro, une grosse propose 5000 euro. Nous devons donc faire un projet chez un gros pour pouvoir en faire 3 chez un « indé. » C’est la réalité ! Je n’invente rien. (Et encore, parfois des éditeurs indépendants payent les avances 90 jours après la date de publication.) Revenons à Passages… si Passages est une auto édition, c’est également parce que les indé. ne pouvaient économiquement pas faire ce projet (cf – mon post plus haut). Nous avions donc deux solutions. 1- abandonner le projet 2- tenter de la faire par nous même. Nous avons fait un choix ! Concernant le terrain de jeu déconnecté de l’édition papier…. Reposez la question à Boulet ! Je me souviens d’un temps ou il n’avait pas la même vision du projet. Concernant Lisa, il y a une réelle envie dés le début de sortir une version papier. Je l’ai d’ailleurs entendu parler d’auto-production… mais vous ne répondez pas à ma question.... nous connaissons nous ? votre libraire se situe où ? je n’aime pas ne pas savoir à qui je m’adresse... comme ci, le personne avait une chose à cacher. vous avez peut-être un gros bouton sur le nez ? Sachez que ce n’est pas grave ;) |
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par loïc le 27 novembre 2008
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L’auteur d’American Splendor et l’une des figures emblématiques de l’autobiographie en bande dessinée, Harvey Pekar s’est éteint hier à 70 ans. Il laisse derrière lui son « grand œuvre », chronique personnelle illustrée tour à tour par R. Crumb, Spain Rodriguez ou encore Joe Sacco, entre autres noms remarquables. En 2003, il avait été incarné à l’écran par Paul Giamatti.
Aux flâneurs de la capitale réfractaires aux sirènes du ballon rond, les jours qui viennent s’annoncent riches en horizons à explorer. Pour commencer, Thomas Ott s’expose du 11 juin au 17 juillet à la Galerie Martel (17 rue Martel dans le 10e). Ensuite, histoire de continuer à célébrer les XX ans de l’Association, Benoît Jacques prend la suite de Nine Antico et de Grégoire Carlé et « s’installe » du 15 juin au 17 juillet à Super-Héros (175 rue St Martin dans le 3e). Enfin, on pourra aller admirer le travail de Dominique Goblet & Nikita Fossoul et Aurélie William Levaux du 18 juin au 18 juillet au Monte-en-l’Air (71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare dans le 20e).
Avis aux amateurs : ce mois de mai promet d’en éblouir plus d’un.