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| (c) Tardi | ||
La chose annoncée est là, physiquement dans mes mains.
Ni déception ni écœurement, le connoté perçu m’avait vacciné.
Alors ?
Confirmation, tout simplement. La couverture de Tardi est bien jolie. Intemporelle, elle a pu être dessinée le 21, ou alors il y a 20 ans, ou alors il y a 19 jours, ou alors il y a 18 heures, etc. L’important était que l’espace blanc pour les gros titres soit là, en suffisance pour l’actualité.
Donc confirmation dès la couverture : la bande dessinée comme décorum. Je vous mets au défi de trouver une image faite dans l’urgence (moins de 12h) pour ce numéro de Libération.
Eh Jessie Bi ! T’es qu’un chieur ! Y’a tous les auteurs que tu aimes dans ce Libé ! Tu devrais être content ?
C’est vrai, je pourrais.
Il y a Blutch que j’admire, il y a Baudoin, Sardon, Ott, David B, Guitard, Baru, Sury, Swarte, etc ...
Mais pouvait-il en être autrement ? Vance pouvait-il illustrer le drame algérien ? Kox (L’agent 212) pourrait-il nous parler du problème des banlieues ? Morris pourrait-il illustrer la rencontre Castro/Jean-Paul II sans montrer Lucky Luke ?
Comment pourrait-on être satisfait d’un numéro spécial sur la BD ayant pour logo une main de Mickey dont le pouce levé (optimisme) se termine en houppe de Tintin ? Entre petits Mickeys (expression sympathique mais péjorative) aboutissant aux parcs d’attraction et le Tintin, éternelle valeur morale (et en $ comme le confirment les articles des pages XIV et XV du supplément).
Comment peut-on être satisfait d’une double page (en plein milieu de ce numéro spécial bande dessinée), sur Giger le P.D.G. des Humanos présenté comme un winner, une sorte de Largo Winch spécialiste des O.P.A. ? Tous les cédéroms et dessins animés produits par les boîtes rachetées par Giger sont d’une médiocrité absolue mais Libération n’en dit rien. Pourquoi ?
Pendant ce temps là, le prix moyen des albums des Humanos tourne autour des 100 balles. Ami lecteur, lectrice mon amour, c’est nous qui payons les O.P.A. de Giger quand on désire (légitimement) lire et relire du Bréccia.
Angoulême a donc fêté ses 25 ans dans l’optimisme avec son partenaire officiel.
Pourtant en un quart de siècle, l’inertie n’a jamais été aussi forte.
Après les deux anthologies Le Muscle Carabine et le recueil d’images signé Charles Burns (Permagel), les United Dead Artists reviennent avec un nouvel opus intitulé Le Tendon Revolver. 32 pages au format « comic book », qui pour la modique somme de 5€, proposent comme toujours un programme de haute volée, à savoir :
Avec un sens du timing impeccable, la Xeric Foundation vient d’annoncer la liste de ses lauréats pour la session « Spring 2008 ». Les heureux récipiendaires de la bourse sont : Gary Scott Beatty (Jazz : Cool Birth) ; Marek Bennett (Breakfast at Mimi’s Doughnuts) ; Eroyn Franklin (Another Glorious Day at the Nothing Factory) ; Jason Hoffman (Mine) ; Jack Hsu (8-9-3) ; Jenny Jaeckel – Spot 12) ; Dave Kiersh (Dirtbags, Mall Chicks and Motorbikes) ; Alex Kim (Wall City) ; stef lenk (TeaTime) ; Justin Murphy (Cleburne) ; et Felix Tannenbaum (The Chronicles of Some Made).
Les Harvey Awards sont de retour. C’est de saison, et alors que les résultats des Eisners sont attendus pour fin Juillet (pour la San Diego Comic-Con), et que les Ignatz débarqueront en Octobre (durant la SPX), la liste des nominés pour le cru 2008 des Harveys vient de tomber. Comme toujours, on trouvera pas moins de 21 catégories allant des très détaillées (le « best graphic album, previously published » côtoyant le « best domestic reprint project », attention ça n’a rien à voir) aux fourre-tout (comme cette « best biographical, historical or journalistic presentation », on ne va pas chipoter). Les lauréats seront annoncés le 27 Septembre prochain, durant la Baltimore Comic-Con. On en frémit d’impatience...